Auteur : Paul Goetz - Kamel Ghedira Genre : , , , Mots-clés : ,
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Introduction. Le médecin moderne comme le pharmacien sait combien rude a été la lutte contre les infections et combien certaines infections résistent encore à la thérapeutique conventionnelle la mieux conduite en milieu hospitalier avec des antibiotiques et des antiviraux qui ne s’utilisent qu’en milieu spécialisé. Tous connaissent le danger de certaines infections nosocomiales multirésistantes. Les historiens peuvent nous rappeler le nombre de morts par infections de plaies de guerre et de gangrène jusqu’à la découverte et l’apport fabuleux de la pénicilline. Contre les infections des plaies de guerre dans le Pacifique, le Melaleuca alternifolia était employé, mais en externe et à des doses faibles de 1 % (6).

Or la phytothérapie et l’aromathérapie existaient déjà. René-Maurice Gattefossé (1881-1950) avait déjà publié en 1937 son ouvrage Aromathérapie que son contemporain Jean Valnet (1920-1995) a réussi à développer et à faire connaître. L’école de phyto-aromathérapie s’est développée ensuite autour de Paul Belaiche dans le cadre de la faculté de médecine de Paris XIII. Cette phytoaromathérapie dépasse peu les frontières des pays francophones (1-4, 7). Si cet ouvrage a vu le jour, c’est qu’il nous a paru important de faire le point sur la phytothérapie anti-infectieuse en ce début de XXIe siècle. En effet il existe des recherches en laboratoire, des recherches cliniques et une phytothérapie de cabinet médical. De nombreux modèles sont proposés, ainsi que de nouvelles huiles essentielles. La phyto-aromathérapie des états infectieux a confirmé ses possibilités, mais il convient d’établir des schémas thérapeutiques qui soient crédibles.

La phyto-aromathérapie associe des plantes antibactériennes comme la busserole, la bardane et d’autres aux huiles essentielles, un extrait spécifique très particulier obtenu par distillation de certaines plantes aromatiques. Cette aromathérapie a eu un développement lent jusqu’aux années 1970-1980, date à laquelle Valnet puis d’autres ont fait découvrir son intérêt en médecine, et en particulier dans le domaine de l’infectiologie, en une période où l’antibiothérapie était encore balbutiante. Par la suite, grâce à l’emballement écologique de l’époque, de nombreux acteurs de tous bords ont publié d’intéressantes études expérimentales (3), mais aussi quelquefois des données erronées. Certains, par précipitation, transposèrent des données de pharmacologie in vitro en des propriétés chez l’Homme sans aucun contrôle in vivo ou clinique.

Le choix des drogues ou des huiles essentielles n’est jamais anodin, et doit toujours être guidé par une logique pharmacologique et si possible à la suite d’expérimentations cliniques. Celles-ci sont rares en phytothérapie anti-infectieuse car les médecins qui recueillent autant les succès que les insuccès de leur thérapie sont isolés et la réunion des données cliniques est très restreinte. …

 

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