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Justin et les Evangiles. Les sources du IIème Evangile. Son caractère initiatique. Son but: démontrer que Jésus le Nazaréen fut le Christ. L’utilisation des sources. La Passion et la Résurrection dans Marc. La finale du IIème Evangile.

Justin et les Evangiles.
A l’époque où Justin écrivit ses Apologies, l’Eglise romaine ne semble pas encore avoir disposé de textes analogues au corps d’écritures marcionites. Sans doute circulait-il déjà quelques “Evangiles” ou “mémorables” et aussi, bien sûr, l’Apocalypse Johannite, puisque Justin parle, dans sa première Apologie, de “nos livres” (XXVIII,1) et des “mémorables des apôtres” (LXVI 3 et LXVII 3) 1 et que, dans toutes ses oeuvres, il fait de nombreuses citations qui se retrouvent dans les actuels Evangiles canoniques, parfois textuellement, mais le plus souvent en une version différente 2. Justin paraît d’ailleurs avoir connu aussi beaucoup d’autres textes qui n’entreront pas dans le Canon de l’Eglise; l’Evangile éphésien de Jean, la première épître clémentine aux Corinthiens, l’Evangelion marcionite, l’Evangile de Pierre (qui est peut-être le Proto-Luc), une première version des Actes des Apôtres et, bien entendu, tout l’Ancien Testament, qu’il cite abondamment et de propos délibéré dans la version grecque des Septante pour prouver que la doctrine chrétienne y est préfigurée (Ière APOL. XXX). Il connaît aussi les philosophes grecs, ainsi que les religions païennes, comme cela ressort à l’évidence tant de son Baruch que de ses Apologies, indice de plus que ces oeuvres, comme aussi le “Dialogue avec le juif Tryphon”, sont bien du même autour. Enfin, c’est de l’Apocalypse johannite qu’il tire ses croyances en le millénarisme et en l’embrasement final de l’univers , dont il sait que les stoïciens y croyaient aussi. Cependant, il ne nomme expressément aucun évangéliste, ni Paul, ni aucun des autres apôtres sauf Pierre et Jean. Il faut donc bien en conclure que les Evangiles canoniques n’existaient pas encore dans leur forme actuelle au moment où Justin écrivit ses Apologies, mais seulement divers écrits dont la substance sera reprise plus tard dans les textes qui portent aujourd’hui le nom d’Evangiles.

Aussi le reproche que l’on fit à Marcion d’avoir falsifié l’Evangile selon Luc n’a-t-il vraiment aucune consistance, puisque Marcion et Justin sont contemporains et que les actuels Evangiles canoniques leur sont postérieurs.

Non qu’on doive penser, comme le remarque judicieusement Van den Bergh van Eysinga, que Marcion fût « homme à ne modifier jamais un texte transmis par la tradition” , mais il est certain d’autre part que les accusations portées contre lui par Tertullien et Epiphane sont injustifiées, et qu’il a souvent conservé des leçons anciennes présentant une remarquable analogie avec les textes occidentaux et nos traductions latines. …

 

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