Auteur : Georges Barbarin Genre : , Mots-clés :
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Le jeu passionnant de la Vie

La vraie abondance et les mirages

1. Quand je tournais le dos à l’abondance

Dans mon enfance, une de mes ambitions principales était d’être riche, c’est-à-dire de posséder beaucoup d’argent et de grandsbiens. J’appartenais à une famille et à un milieu qui, sans être pauvres, n’avaient jamais réussi à sortir d’une situation modeste. Il en résultait que nul, autour de moi, n’avait pu se repaître des diverses formes de l’opulence matérielle ni se satisfaire pleinement des jouissances que la fortune réserve à ses élus. Celte insatisfaction, comme toutes les faims rentrées, engendrait un appétit plus tenace de ce dont nous étions ordinairement privés. Aussi l’argent tenait-il, dans l’opinion de mon entourage, une place éminente dont l’honneur rejaillissait sur les possesseurs de l’argent. Mais, du moins, mes parents étaient-ils économes alors que j’étais prodigue. Je réussissais en effet ce miracle de dissiper le superflu que je n’avais pas. L’indispensable s’en ressentait inévitablement, de sorte que je me permettais certains luxes en manquant du nécessaire.

Au début de ce siècle, il n’était pas facile de s’extraire d’une condition modeste pour se hausser à une brillante situation. Les ascensions sociales« en image d’Épinal» exigeaient l’effort de toute une vie. Il ne restait donc aux jeunes ambitieux, avides de brûler les étapes, qu’à spéculer sur un héritage, la découverte d’un trésor ou l’échéance d’un gros lot! Les trésors cachés ont toujours été peu nombreux et les loteries étaient alors des plus rares. Il ne demeurait que la perspective de la succession d’une tante ou d’un cousin ignoré! Qui n’a eu, dans sa parenté, la « tête brûlée» ou l’aventurier classique, dont la disparition à l’étranger créa la légende de l’Oncle inconnu? Le nôtre était quelque chose comme premier cuisinier du roi d’Espagne et la mémoire s’en transmettait de génération en génération.

C’est dans le même objet que, le soir, avant de m’endormir, je caressais l’espoir de posséder la lampe magique et que, le matin en me réveillant, j’attendais une lettre de notaire me convoquant en qualité de légataire universel. Par la suite, je m’abandonnai à toutes sortes de rêveries dont aucune n’aboutit au moindre commencement d’exécution. Puis je passai de l’hypothèse à l’action et je pris en pitié le songe-creux de la veille qui attendait, d’une alliance avec les forces cachées, l’exaucement de ses désirs.

L’action dans le monde mental et matériel ne me donna pas de résultats éclatants. Je crus serrer de plus près la « réalité» et m’en écartai, au contraire, davantage. Ce n’est que bien plus tard que je passai dans les coulisses de la Vie apparente et compris que le monde de la forme n’est pas le monde réel. …

 

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